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Des histoires et des hommes

Depuis la nuit des temps, on raconte des histoires. Aux dires de certains conteurs, nos ancêtres préhistoriques déjà racontaient pour conjurer la peur de la nuit et donner envie au soleil d’apparaître à nouveau. À l’heure d’internet, des réseaux sociaux, de l’ultra-connexion et de la technologie chaque jour plus performante, on raconte encore… 

Mais pourquoi les hommes racontent-ils des histoires ?

Tel est le fil rouge de ce documentaire tourné en décembre 2019 au Sénégal. Et plus précisément face à la Langue de Barbarie, à une quarantaine de kilomètres au sud de Saint-Louis, là où les eaux du fleuve affrontent celles de l’océan. Où nidifient mouettes, sternes et pélicans, où filaos et palétuviers tentent de retenir les dunes qui s’effritent laissant la mer grignoter la mangrove. 

Filmer l’écriture

C’est donc dans ce décor pour le moins agréable à l’œil comme à l’oreille – entre roulements d’océan et caquètements d’oiseaux tout en becs et plumes colorés – que le reportage a été tourné. Pourquoi ici ? Et bien ce n’est ni pour la baignade, ni pour les saveurs du capitaine grillé (encore que…) , mais bien parce que c’est ici qu’étaient réunis, en résidence d’écriture, 10 auteurs venus de France, de Belgique, du Québec, du Cameroun, du Congo, de Guinée, du Maroc et bien sûr, du Sénégal. 10 auteurs du monde francophone dont la mission était d’écrire chacun une des pièces qui composeraient le tome 7, aujourd’hui disponible, de la collection 10 SUR 10.


10 SUR 10 ?

Précisons, pour que le contexte soit plus précis encore, ce qu’est la collection 10 SUR 10. Il s’agit de pièces de théâtre écrites tout spécialement pour un public de jeunes apprenant la langue française. Chaque année sont publiés un ou deux recueils regroupant 10 pièces courtes écrites dans une langue abordable par les collégiens, lycéens et étudiants non-francophones. 10 pièces qui racontent le monde d’aujourd’hui de manière rythmée, incisive, dans un langage que les jeunes ont plaisir à s’approprier et à monter sur les planches.

Il était une fois

10 auteurs, 2 directeurs de projet, une conseillère littéraire, une chargée de communication et une petite équipe de tournage réunis, ordinateurs, stylos ou caméra en main, devant une lagune. Les uns écrivaient, les autres organisaient, relisaient, commentaient, les premiers réécrivaient donc… Et pendant ce temps, Jules, Mas et Teresa, l’œil ouvert, l’oreille aux aguets, discrets et vifs comme le léopard, traquaient jusqu’au moindre son, la moindre image.

Jules, Mas et Teresa ?

L’équipe de tournage. Teresa Czerpiec, la réalisatrice polonaise. Mas et Jules, caméramen, ingénieurs son et assistants-réalisateurs sénégalais. Lesquels ont rejoint l’aventure grâce à la formation qu’Iris Munos, directrice de L’Iris Création, avait animé quelques mois auparavant au Sénégal avec le soutien de l’OIF. Une première « formation à la maitrise de la langue française pour les metteurs en scène, comédiens et techniciens de théâtre » dont tout deux étaient élèves, puis une deuxième dont l’objectif était de former en langue française tous les corps des métiers du cinéma en vue du d’une série télévisée. Que Jules et Mas Jules avaient cette fois suivi respectivement en tant qu’assistant à la réalisation et technicien caméra. Que remarquant leur sérieux, leurs qualités professionnelles et leur motivation, Iris leur proposa de prendre part, comme techniciens son et lumière, au projet de documentaire à Saint-Louis. 


Ainsi ont été enregistrés

Des milliers de chants d’oiseaux, des kilomètres de sable, des litres de mer, et des mots, des mots, des mots !

Les mots des enfants qui se demandent où naissent les histoires, des adultes qui aiment encore les entendre, de ceux qui les écrivent pour dire l’amour, l’espoir, le combat. Pour faire rire, émouvoir, faire peur. Pour transmettre les mots d’une grand-mère qui le soir contait et chantait autour du feu, juste… Pour que tout le monde soit ensemble. Pour que les grands aillent se coucher en souriant, que les petits parfois aient un peu peur. Pour que… Mais au fond, pourquoi on les aime tellement, les histoires ?

Une réponse ? Bientôt !

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